Skip to content
mars, 2026

Et si tout était joué d’avance ?

Rédigé par : 

William Sénéchal

Il existe de nombreuses raisons qui expliquent la qualité de la santé mentale chez un individu. Cependant, qu’en est-il de l’influence de l’environnement sur la santé mentale ? Nous explorons le sujet à travers l’approche du parcours de vie, les facteurs économiques et sociaux, pour terminer avec quelques actions concrètes pouvant être faites au quotidien afin d’augmenter les facteurs
de protection d’un individu.

L’environnement : ça consiste en quoi ?

L’environnement n’est pas simplement la verdure que l’on observe lorsque l’on regarde à l’extérieur ; c’est aussi l’ensemble des facteurs de risque et de protection qui entourent un individu. En d’autres mots, il s’agit des différents éléments sociaux, économiques et culturels qui appartiennent à une personne et forment un tout. Le parcours de vie peut aussi influencer ces différents facteurs au fil du temps. Lorsque l’on parle de facteurs de protection, on entend la généralité des éléments qui influencent positivement la santé mentale. On peut penser à un réseau social soutenu et à un emploi stable, par exemple. Au niveau des facteurs de risque, ce sont tous les éléments qui vulnérabilisent une personne, comme la consommation de substances ou encore un milieu de vie violent.

Une approche globale

Afin de bien entamer le sujet, l’INSPQ (Institut national de la santé publique du Québec) propose l’approche du parcours de vie. Il s’agit d’une approche où l’on prend en compte l’entièreté du parcours de vie d’un individu afin d’évaluer les différents moments où la santé mentale aurait pu être affectée. Cette approche se divise en trois concepts :

  • L’effet de trajectoire : la position sociale à un moment de la vie peut influencer la position sociale plus tard dans la vie, ce qui peut mener à des conséquences sur la santé mentale.
  • L’effet cumulatif : l’addition des conditions liées aux facteurs de risque et de protection au fil du temps, peu importe le moment de la vie, favorise la dégradation de la santé mentale.
  • L’effet latent : une exposition à des facteurs de risque lors de la petite enfance peut refaire surface plus tard au cours de la vie d’un individu.

À cet effet, cela renvoie à l’accumulation des facteurs socio-économiques qui influencent la santé mentale. Cette approche permet de comprendre d’où la personne vient, son vécu et le contexte de l’apparition des troubles mentaux dans son environnement au fil du temps.

 

Un couteau à double tranchant

Pour mieux comprendre les facteurs de risque qui influencent la santé mentale, nous décortiquerons les différents éléments qui englobent l’environnement d’une personne. Les inégalités économiques dues aux différentes classes sociales ont un effet bidirectionnel sur la santé mentale, c’est-à-dire qu’elles ont un effet de « cercle vicieux ». Concrètement, un individu catégorisé comme moins favorisé sur l’échelle sociale est plus enclin à développer des troubles de santé mentale, qui s’expriment par une moindre qualité de vie. Un faible revenu, des difficultés à payer le loyer ou à avoir accès à la nourriture engendrent un état de stress pouvant occasionner des troubles de santé mentale. Le manque de ressources financières rend l’accès aux services plus difficile dans le contexte politique actuel. Par ailleurs, une fois les symptômes d’un trouble de santé mentale visibles, une discrimination peut s’installer au sein de la population, ce qui augmente l’appauvrissement de cet individu puisque l’accès au travail devient, de ce fait, encore plus ardu.

 

Les relations sociales

D’autre part, le réseau social est un facteur pertinent à prendre en compte lorsque l’on parle de l’influence de l’environnement sur la santé mentale. La densité et la qualité de ce dernier ont une incidence sur le bien-être de chacun. Il permet de s’appuyer sur autrui lorsque cela est nécessaire. Lorsqu’on parle de densité, on entend la quantité de personnes qui nous entourent : la famille,
les amis, les connaissances ainsi que les professionnels que nous côtoyons de manière périodique. Il est cependant important de noter que la qualité des liens a aussi un impact. Par exemple, un individu A adopte des comportements à risque à répétition, ce qui draine l’énergie de l’individu B. Ce lien social peut être important pour l’individu B ; cependant, la qualité de ce lien peut avoir un effet négatif sur sa santé mentale.

Renverser la tendance

Malgré les éléments non négligeables de l’environnement dans lequel un individu vit, il est possible de poser de petites actions au quotidien pour augmenter les facteurs de protection afin de maintenir une bonne santé mentale. Parmi ces actions, le réseau communautaire peut aider au niveau économique : il existe des banques alimentaires et une multitude de services offerts à la population moyennant de faibles sommes, voire gratuitement. Par le fait même, fréquenter ces ressources permet de créer un réseau social dense et de qualité, incluant des professionnels et d’autres individus vivant des défis similaires en santé mentale.

En conclusion, bien que l’environnement agisse sur la santé mentale d’un individu au niveau socioéconomique, il est important de considérer l’ensemble du parcours de vie dans le but d’adapter des actions concrètes afin d’augmenter les facteurs de protection de chacun. Cependant, est-il possible de renverser tout ce que notre environnement nous impose ?

 

 

 

 

Références :
https://sante-infobase.canada.ca/sante-mentale/inegalites/
https://www.inspq.qc.ca/sante-mentale/facteurs#liens
https://santepubliquemontreal.ca/sites/drsp/files/media/document/DRSP_
Pub_2024_11_22_DonneesStatistiquesSMMtl.pdf
https://www.capsantementale.ca/contenu/limportance-du-reseau-de-soutien/
Image : https://www.vecteezy.com/members/zalquarius

Autres nouvelles