Le stress : un faux ennemi ?

En général, le stress est bien mal-aimé. Revisitons le stress pour voir qu’il n’est pas que mauvais! En effet, le stress est une réponse normale, et parfois même désirable, qui peut nous aider à naviguer certains défis de la vie. Comprendre les nuances du stress peut nous aider à le gérer plus efficacement.

Qu’est-ce que le stress?

À la base, le stress est une réaction de notre corps face à une menace. C’est grâce au stress que nous adoptons des comportements qui peuvent être utiles à notre survie, notre performance et permettre de nous dépasser et de nous adapter. Par exemple, le stress ressenti avant une compétition de sport ou encore une présentation orale augmente notre énergie, notre attention et notre motivation. Ainsi, le stress peut contribuer à améliorer la performance. Bien que le stress à dose modérée puisse être bénéfique, il n’y a aucun doute que le stress prolongé, répétitif ou excessif est problématique. Dans ce cas, le stress peut avoir des effets néfastes sur la santé physique et psychologique.

Qu’est-ce qui nous stress? Stresseurs absolus et relatifs

Il existe deux types de stresseurs : les stresseurs absolus et les stresseurs relatifs. Cependant, le corps ne fait aucune distinction entre ces types de stress : il réagit de la même manière aux stresseurs absolus et relatifs. Un stresseur absolu représente un danger réel et imminent pour notre vie. Les stresseurs absolus provoquent du stress chez tous les individus qui y font face. Se faire pourchasser par un ours agressif et affamé serait un exemple de stress absolu. En réalité, les stresseurs absolus sont plutôt rares de nos jours.

D’un autre côté, les stresseurs relatifs sont des situations qui ne menacent pas notre survie, et qui peuvent tout de même générer du stress. Par exemple, déménager, une dépense imprévue, les bouchons de circulation, parler devant des personnes … En fait, les stresseurs relatifs résultent de notre interprétation d’une situation : ils sont donc propres à chacun. Une personne peut percevoir une situation comme stressante, alors qu’une autre n’aura pas la même lecture de la situation. Tout est donc une question de perception.

Les ingrédients du stress : C.I.N.É

De nos jours, la plupart des stresseurs que nous vivons sont relatifs (notre vie n’est pas réellement menacée). Même si les stresseurs relatifs peuvent être interprétés différemment par chacun, il existe une recette commune du stress : C.I.N.É. Cette recette contient quatre ingrédients : un sentiment de Contrôle faible, l’Imprévisibilité, la Nouveauté et une menace à l’Égo. Il ne suffit que d’un ingrédient pour qu’une situation nous fasse ressentir du stress. Plus il y a d’ingrédients présents dans une situation, plus nous sommes susceptibles de ressentir du stress.

Redéfinir sa relation avec le stress

Comment nous voyons le stress peut également entraîner des répercussions. Avoir l’idée que le stress peut être un allié dans nos performances pourrait nous aider à mieux performer que lorsqu’on perçoit le stress comme étant uniquement néfaste. Il est donc important de se rappeler que vivre du stress est normal. Après tout, le cerveau est une machine à détecter des menaces, réelles ou perçues, pour nous sauver la vie. Développer une perception balancée du stress (il n’est pas que néfaste et il n’est pas que bon) pourrait donc nous aider à l’apprivoiser. Une autre façon d’apprivoiser son stress pourrait passer par l’écoute et la compréhension de notre stress.

Être à l’écoute de son stress

Lorsqu’on remarque des signes de stress, on peut prendre un moment pour se demander : quelle est la situation à l’origine de mon stress? Ensuite, on peut prendre le temps de déconstruire la situation stressante avec les ingrédients C.I.N.É. Ceci nous aidera à mieux comprendre à quelle situation/ingrédient nous sommes plus sensibles.

Voici des exemples de questions à se poser :

Contrôle faible : Est-ce que j’ai l’impression d’avoir peu ou pas de contrôle sur la situation ?
Imprévisibilité : Est-ce qu’il s’est produit quelque chose d’inattendu? Est-ce que je sens que la suite des choses est incertaine/inconnue?
Nouveauté : Est-ce que je suis dans une situation nouvelle, dans laquelle je n’ai jamais été?
Égo : Est-ce que je sens que mes capacités et mon égo sont en jeu ou remis en question?

D’ailleurs, si vous êtes intéressés à en apprendre plus sur quel ingrédient du stress vous affecte le plus, je vous invite à répondre à un questionnaire développé par le centre de recherche sur le stress humain : https://www.stresshumain.ca/le-stress/questionnaire-cine-2020/

En bref, le stress est une réponse naturelle et adaptative qui nous prépare à gérer une menace. La plupart des situations qui provoquent du stress sont propres à chacun, mais ils ont des ingrédients communs. Développer une perception plus nuancée du stress peut nous aider à apprivoiser le stress comme une ami plutôt qu’un ennemi.

Les effets des émotions sur l’intelligence et le potentiel de guérison

En art-thérapie, je te demande parfois d’illustrer une ou des émotions. Pourquoi exprimer visuellement des émotions ? Parce que plus on reconnaît nos émotions, mieux on peut comprendre ce qu’elles ont à nous dire et en prendre soin. 

L’art, la beauté et ses effets sur le cerveau

Les scientifiques ne sont pas encore arrivés à définir l’effet de la beauté sur le cerveau1. Cependant, ils ont des pistes. Le cerveau est capable de distinguer et de traiter ce qui est beau, par exemple, quand on apprécie l’harmonie d’un tableau, son rythme et sa composition. Le cerveau est stimulé par une émotion déclenchée par ce qui nous apparaît comme beau. En d’autres mots, c’est comme si cela allumait les neurones du cerveau. Prenons l’exemple d’une mélodie qui te plait. Même si tu l’écoutes dix fois dans une même année, elle n’aura pas le même effet sur tes neurones. Il y a plus de 600 millions de synapses (chemins ou câbles) qui connectent les neurones par millimètre cube (insérer dessin neurone 1 émotions, neurone 2 savoir tenir un crayon, donne neurone 3: exprimer l’émotion – câbles qui les relient entre eux). C’est difficile à imaginer pour un si petit espace. C’est pendant toute la vie qu’on peut agrandir les circuits du cerveau, ou reconnecter ces chemins neuronaux. C’est ce qu’on appelle la plasticité du cerveau. Plus on est stimulé par différents types de beauté, plus notre cerveau créera de nouvelles connexions entre les neurones. Pas besoin de chercher loin. La belle nature est gratuite et présente tout autour de nous. Elle stimule des émotions et des sentiments durables de calme, de plaisir ou de satisfaction.

L’expression des émotions et l’intelligence

Justement, parlons-en des émotions. Dans ma pratique artistique et d’art-thérapeute, une création peut libérer des émotions inexprimées ou des inconforts. On peut choisir d’illustrer une émotion pour voir à quoi elle ressemble pour soi. Il suffit d’entrer en contact avec l’émotion pour ressentir comment elle se manifeste dans le corps. Où est-elle ? Quelle est sa forme, ses mouvements et son rythme ? On peut ensuite la regarder avec curiosité et se demander ce qu’elle vient faire, ici et maintenant. On peut découvrir ce qu’elle cherche à dire. La pratique de l’expression des inconforts intérieurs peut amener à la conscience les émotions et favoriser leur compréhension. Avec le temps, tu développes et raffines ton intelligence émotionnelle. Donc, tu peux laisser s’exprimer l’émotion artistiquement, même si tu ne sais pas laquelle est là. Ensuite, tu peux essayer de la comprendre, pour saisir pourquoi elle est là. C’est ainsi que l’émotion contribue à l’intelligence globale du corps, et éventuellement à une prise de décision réfléchie. 

L’intelligence émotionnelle et ses effets 

L’émotion vient stimuler directement la partie réactive du cerveau. Si on ne comprend pas les émotions, celles-ci peuvent diriger nos comportements, malgré notre bonne volonté. Par exemple, tu veux arrêter de fumer. Arrive une situation stressante. Tu ne prends pas le temps d’être en contact et de comprendre le stress que ça génère. Cela engendre le besoin de fumer. Tu prends une bouffée de cigarette, malgré ta volonté de ne pas recommencer.  Si tu t’arrêtes pour comprendre le message de ton stress, tu arrives à raisonner et prendre la bonne décision pour toi. 

Et pas seulement pour soi. Se connaître émotionnellement peut contribuer au succès. En effet, l’intelligence émotionnelle des employés contribuerait à 85% du développement des entreprises2. Les médecins3 reconnaissent de plus en plus l’effet bénéfique de l’expérience artistique sur les changements bénéfiques pour soi. Lorsqu’une personne est malade, l’art-thérapie peut contribuer au processus de guérison ou d’acceptation de la maladie. Aussi, la maladie mentale est une condition physique, tout comme une jambe cassée. Le cerveau est un organe qui fait partie du corps. La personne d’avant la maladie (physique ou mentale) est encore là.  Vivre et exprimer sainement les émotions, comme la peur, la tristesse, la colère peut favoriser le processus du retour à une vie satisfaisante.

Les effets cognitifs et symboliques sur le cerveau

Si on exprime la colère avec un bloc d’argile, en le cognant sur une table et en le transformant, peu à peu le sentiment d’être envahi va diminuer. En modelant la colère qui est encore présente, on lui donnera une forme d’expression (symbolique). On peut chercher à comprendre (cognitif) ce qui s’exprime. Cela a un effet sur les chemins (synapses) qui sont formés dans le cerveau. Exprimer et comprendre peut aider à se sortir des comportements qui nuisent à ta santé mentale et/ou physique. Par exemple, les comportements qui font trop boire d’alcool, trop manger ou trop consommer de drogues. 

Ce qui est envahissant est souvent difficile à identifier et à comprendre. Par exemple, utiliser l’aquarelle (sensoriel) en tapotant (kinesthésique) permet d’exprimer doucement le trop-plein de l’affectif (émotion). Ce qui amène éventuellement à perce-voir autrement (perceptif)4. De là, on comprend mieux l’effet de l’émotion sur notre comportement (cognitif). La forme (symbolique) exprime ce que notre corps et nos émotions cherchent à nous apprendre. Avec le temps, l’image créée revient dans nos pensées. Graduellement, les images créées aident à supporter ce qui est inexprimable ou invivable. 

Par exemple, cette image illustre un moment où je ne me sentais pas bien. J’étais inconfortable avec une décision prise. J’ai pris un carton noir, pour faire ressortir ce que j’avais besoin de voir, car je ne voyais pas clair. Sur l’image abstraite, on voit une femme avec les mains et le corps tournés vers la gauche, et le regard tourné vers la droite. Cela m’a fait prendre conscience que ma pensée (décision) n’était pas alignée avec ce que mon corps ressentait. J’ai alors réfléchi à ce qui pourrait réconcilier mon corps et ma pensée. J’ai pris la même position que le personnage et j’ai réaligné mon corps. Ce mouvement m’a guidé à voir la décision appropriée pour moi. Tu as des questions, viens me voir et on pourra regarder comment tu peux t’approprier l’expression de tes émotions.

 

Références

    1. Verdo, Y. (2016) Comment l’art embrase le cerveau. Retrouvé sur le site Les Échos. https://www.lesechos.fr/2016/11/comment-lart-embrase-le-cerveau-218142
    2. Découverte Sciences (2024). Nos émotions nous rendent-elles intelligents? 38 dossiers pour comprendre Cerveau & Neurosciences, p. 72-74.
    3. Pellecchia, A., Gagnayre, R. (2006). Entre cognition et émotion : les potentialités de l’art dans l’éducation thérapeutique. Revue internationale francophone d’éducation médicale.
    4. Lusebrink, V. J., Hinz, L. (2019). Cognitive and symbolic aspects of art therapy and similarities with large scale brain networks. Journal of the American art therapy association 37(3), 113-122.

 

Venez manger du bonheur avec nous !

Oui, le titre peut paraître intéressant. Et qu’est-ce qu’on veut dire par là ? Personnellement, je n’ai jamais vu de recette de cuisine où l’on devait ajouter 2 tasses de bonheur. Alors donnez-vous votre langue au chat ? Non ? J’entends déjà des gens qui m’informent qu’une saine alimentation est essentielle à une bonne qualité de vie. D’autres me diront qu’ils ont la pire humeur lorsqu’ils ont le ventre vide. Vous croyez déjà avoir répondu à la question ? Pas du tout ! 

Que veut-on dire alors par « manger du bonheur » ? Commençons par le commencement. Nous suivrons ici le parcours d’un rôti de bœuf au travers d’une cuisine et nous comprendrons ce qui rend heureux. Vous doutez que la nourriture soit aussi bénéfique qu’on le prétend ? Je n’attends plus et je vous partage dès maintenant ma recette pas si magique que ça. Si vous n’êtes pas sûrs      de comprendre, vous pouvez aussi demander à un de nos 12 participants du       cours de cuisine du lundi, car la nourriture n’a plus de secrets pour eux.

Première étape : Prenez votre rôti et faites-le mariner dans un bouillon social pour au moins une heure.

Pourquoi ? Parce qu’une marinade, ça attendrit ! Même les plus grosses pièces de viande deviennent souples quand elles profitent d’un bon bouillon. Le rôti de boeuf que nous suivons dans son parcours arrive triste, anxieux et grognon. Après avoir jasé avec une cuisinière, deux stagiaires et 4 usagers, l’anxiété commence à disparaître            chair      se desserre      . Les mouvements des muscles sont plus souples, moins robotiques. Comme c’est le cas avec un humain. L     es réponses courtes de trois mots se transforment en échanges vivants et spontanés. Tranquillement, le CAFGRAF et ses usagers font leur œuvre. Comme le ventre et le corps en général sont plus détendus, la personne aura plus de facilité à manger. Avez-vous déjà essayé de manger en état avancé de stress ? Parfois, ça ne passe tout simplement pas.

Deuxième étape : Apprêtez vos ingrédients en y mettant plein d’amour !

Lorsque votre pièce de viande est bien socialisée, c’est enfin le temps d’y injecter un gros tas d’amour et d’épices (des gens préfèreront toujours l’amour bien épicé !). Facile à dire ! Voici quelques indications qui vous permettront de réaliser avec succès la deuxième étape. D’abord, prenez le temps d’observer. Plusieurs personnes sont tellement pressées de parler qu’elles ne se soucient pas de l’autre. Aimez-vous que l’on vous parle sans vous écouter ? Que l’on vous propose des trucs qui sont loin de votre réalité ou déconnectés de vos moyens financiers ? Vous n’aimez pas ça ? Personne n’aime ça ! Alors soyez attentifs aux autres comme vous aimez qu’on soit attentifs à vous. Prenez le temps de comprendre l’autre, de vous intéresser à lui. Vous ne trouverez pas que des différences, mais aussi des points en commun que vous pourrez utiliser pour débuter une discussion intéressante. J’entends plusieurs personnes partager, au CAFGRAF, qu’elles ont parfois de la difficulté à avoir de belles relations. Essayez ce truc ! C’est le plus facile au monde ! Il vous demande en fait de ne rien faire : arrêter de parler, arrêter de couper la parole et laisser      l’autre le temps de terminer sa phrase, voire son histoire.

Ensuite, si j’avais un autre conseil à vous offrir, ce serait de penser à complimenter les autres. Reprenons maintenant l’exemple de notre rôti de bœuf. Imaginez-vous en train de servir le plus magnifique rôti à tous les gens que vous aimez. Vous attendez-vous à des compliments ? Des remerciements ? Oui ? Est-ce que ça fait de vous des gens capricieux ? Des bébés gâtés ? Absolument pas ! Au contraire, c’est parfaitement normal et même très sain. C’est à coup de compliments que l’on apprend à croire en nous. Que l’on apprend à s’aimer. Que l’on apprend aussi à se laisser aimer.

Se laisser aimer ? Tout à fait ! Comme un rôti qui se laisserait manger. Sinon, dites-moi à quoi ça pourrait servir de donner tant d’attention à notre rôti, de le faire mariner doucement, de l’assaisonner selon les préférences des invités, de monter la chaleur pour le laisser cuire afin qu’il ressorte du four le plus tendre possible. Tout ça pour finalement ne pas le servir ? Idéalement, toute cette expérience se terminera donc par un partage. 

Où est-ce que je m’en vais avec tout ça ? Je voulais simplement démontrer que toute la belle expérience d’inviter des gens à la maison pour un repas, ou de le cuisiner au CAFGRAF pour une belle gang d’affamés, ne se résume pas aux 15 coups de fourchettes que nous donnons à notre assiette. En effet, j’ai déjà vu plusieurs personnes ici ressentir un plaisir authentique alors qu’ils étaient en train d’accomplir un merveilleux travail d’équipe en cuisine. Ça rit, ça crie, ça partage, ça entraide, ça bouffe et…ce n’est pas un peu le contraire de la dépression tout ça ?

Et puis, quand vous amenez au reste du groupe la belle nourriture que vous avez préparé, que vous recevez des applaudissements et des compliments, ce n’est pas un peu le contraire de la honte tout ça ?

Alors je dirais que oui, au travers d’un rôti de bœuf, on peut traiter la dépression et l’anxiété. Le remède n’est pas le rôti lui-même, mais plutôt toutes les étapes qui d’habitude font chialer les gens : on coupe les légumes (en jasant), on cuit les viandes (en riant), on apprend de nouvelles recettes (en partageant) et finalement, on sert le plat (avec fierté).

Venez donc manger du bonheur avec nous ! On ne vous le servira pas sur un plateau d’argent, tout cuit dans le bec. Pas parce qu’on est égoïstes (j’ai demandé à Luc si « égoïstes » prenait un « s » et il me dit que oui, alors pardonnez-moi si j’ai fait une faute !), mais plutôt parce qu’on a aucun bonheur déjà tout prêt. Comment ça ??? Parce qu’on a besoin de vous pour en faire. 

Continuez de venir nous voir. Continuez de venir manger avec nous. La fierté, la reconnaissance et la confiance en soi viendront vous rejoindre, tous et toutes assis à la même table !

Comment reconnaître la violence conjugale et quels sont les mécanismes qui maintiennent une victime dans une telle situation ?

L’un des premiers problèmes rencontrés quand on cherche à aider une personne victime de violence conjugale, c’est de lui faire reconnaître qu’elle en est bien victime. En effet, la violence s’exprime parfois d’une manière tellement subtile qu’il est difficile de la détecter. La violence prend plusieurs formes : physique, verbale, psychologique, sexuelle ou encore économique.

Quelques distinctions

Une chose importante à comprendre concernant la violence conjugale, est de comprendre qu’elle ne résulte pas d’une perte de contrôle, mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. La violence conjugale n’est pas non plus une simple accumulation de conflits, dans la mesure où ces derniers sont inévitables dans toute relation amoureuse, et peuvent être résolus dans le respect et l’ouverture aux compromis.
Pourquoi une personne reste dans une telle situation ?
Il existe deux mécanismes qui expliquent comment une personne peut s’enfoncer dans une situation de violence conjugale, et pourquoi il est difficile pour elle d’en sortir, c’est l’escalade de la violence et le cycle de la violence. Il est important de comprendre ces mécanismes pour ne pas blâmer la victime de la situation dans laquelle elle se trouve.
Escalade de la violence

Pour que la violence conjugale s’installe, elle s’immisce dans la relation de manière subtile, et surtout, graduelle, ce qui la rend difficile à percevoir. D’abord, la violence conjugale peut débuter par du contrôle, pour doucement évoluer vers de la violence psychologique et verbale. Ces signes avant-coureurs sont perçus par soi et par les autres comme étant de simples disputes qui peuvent arriver à tous les couples. De plus, ces comportements sont bien souvent noyés dans un nuage de gestes affectueux et de mots d’amour caractéristiques d’un début de relation. Avec le temps, les violences s’intensifient et s’additionnent. Parallèlement, la victime s’investit dans la relation et son sentiment d’attachement grandit. Quand la violence devient plus claire, et les comportements de plus en plus fréquents et graves, la victime est déjà bien engagée dans la relation, que ce soit émotionnellement, ou tout simplement parce que des enfants sont nés de cette union entre-temps. Il est donc bien plus difficile pour elle d’en sortir.


https://www.avvec.ch/fr/intimate-partner-violence/intimate-partner-violence/les-differentes-formes-de-violence-conjugale

Cycle de la violence

La violence conjugale n’est pas constamment présente dans une relation ; il existe des moments de répit. Sans cela, il serait plus facile de s’en défaire. La dynamique de la violence conjugale se présente sous la forme d’un cycle, composé de quatre phases.


http://www.clesurlaporte.org/cycle-violence.html

Pendant la phase de tension, la victime sent que le climat est lourd et le ou la partenaire violent.e se montre particulièrement impatient.e. La victime se montre alerte et fait alors tous les efforts possibles pour calmer la situation, mais en vain, car s’ensuit la phase d’agression où les comportements violents explosent et provoquent de la peur et de la confusion chez la victime. Ensuite, vient la phase de justification, le calme après la tempête. L’agresseur.euse peut exprimer certains regrets, donner des explications et parfois même s’excuser et promettre de ne plus recommencer. Pour convaincre la victime de rester l’agresseur.euse, peut se montrer particulièrement affectueux.euse, afin de lui rappeler l’euphorie des premiers jours. La victime reprend alors confiance en l’autre. C’est la phase de réconciliation, aussi appelée “lune de miel”. Ce sont ces deux dernières phases qui expliquent qu’une victime reste dans une relation malgré la violence ; l’espoir de l’amour retrouvé.

Comment aider une personne victime de violence conjugale en tant que proche
Selon les différentes phases, les victimes traversent toutes sortes d’émotions : le choc, la peur, puis la confiance et l’amour. Il est essentiel de garder cela en tête pour comprendre le changement d’attitude de la victime selon la phase qu’elle traverse. De l’extérieur, elle peut en effet sembler ambivalente, ce qui peut être frustrant en tant que proche inquiet. Il vaut cependant mieux éviter de lui mettre la pression pour qu’elle quitte la relation, car elle risquerait de ne pas se sentir comprise. Il vaut mieux se montrer à l’écoute, respecter ses décisions et la valoriser afin qu’elle réalise d’elle-même qu’elle mérite une vie sans violence.

Si cet article a pu vous permettre de reconnaître que vous étiez vous-même dans une situation de violence conjugale, sachez que vous n’êtes pas seul.es. Pour toute demande d’aide, contactez SOS Violence conjugale, 24 heures sur 24 / 7 jours sur 7, au 1 800 363-9010. Service confidentiel et gratuit.

Références

Turgeon, J (2018). Comprendre la violence dans les relations amoureuses. Trécarré.
DEDRI – Trousse d’outils en violence conjugale

Le défi de connaître nos émotions

Dans la relation d’aide, il est fréquent qu’on vous demande “comment vous sentez-vous ?”. Pour la plupart, cette question est simple : “Je me sens gêné, inquiet, blessé, optimiste, embêté, etc.” Pour environ 10% de la population, cette simple question peut être pratiquement impossible à répondre. Le concept de l’alexithymie est relativement nouveau. Il a été introduit en 1970 et depuis quelques décennies, de plus en plus de travaux portent sur ce trouble. Une personne avec ce trouble serait comme aveugle par rapport à ses propres émotions et aurait donc une grande difficulté à comprendre son état émotionnel et à le communiquer aux autres. Nous allons voir d’où cela peut provenir, les effets dans le quotidien et comment s’en rétablir.

Je ne ressens rien

L’alexithymie est un trouble de la lecture et de l’expression des émotions. Il est composé de deux grandes dimensions : affective, qui est la difficulté à ressentir les émotions, et cognitive, qui est la difficulté à communiquer nos émotions aux autres. Au lieu des émotions, semblable à un trouble psychosomatique, la personne ressent plutôt des douleurs physiques, comme des ulcères d’estomac, des troubles gastro-intestinaux, des troubles cardiocirculatoires, etc. Cela devient leur mode d’expression principal, remplaçant ainsi les sentiments et les émotions. La personne sera capable de dire qu’elle va bien ou mal, mais sera totalement incapable de donner plus de détails ou d’apporter une plus grande nuance à son discours.

L’alexithymie peut apparaître de deux façons : biologique (primaire) ou psychologique (secondaire). Lorsque l’alexithymie est d’ordre primaire, cela peut être causé par un déficit dans les connexions du cerveau, plus précisément entre le système limbique, qui s’occupe de la mémoire et des émotions, et le néocortex, qui s’occupe de la pensée abstraite. On voit très souvent ce type chez les personnes avec un trouble du spectre de l’autisme, qui ont eu des lésions au cerveau, ou qui est né avec une anomalie génétique.

L’alexithymie d’ordre psychologique, où secondaire, peut se développer à la suite d’un changement majeur dans la vie de la personne. Des liens ont été établis entre l’alexithymie et plusieurs troubles, notamment :

• La toxicomanie
• L’anxiété
• La dépression
• Le trouble de stress post-traumatique
• Les troubles de l’alimentation
• Les troubles de la personnalité
• Et plus encore…

Selon notre compréhension actuelle, l’alexithymie pourrait être un mécanisme de défense, bien qu’inadapté. En se “déconnectant” de ses émotions, la personne évite ainsi de trop souffrir.
Cela peut aussi se développer selon notre éducation. Dans les familles où il est mal vu d’exprimer des émotions comme la peur, la honte ou la tristesse, l’enfant comprend que ces émotions doivent être toujours cachées et ne développe pas le vocabulaire nécessaire pour bien s’exprimer. La plupart du temps, la personne adulte sera seulement capable de manifester de la colère, étant la seule émotion acceptable d’exprimer.

Comment ça m’affecte

En général, comment peut-on se faire des relations significatives ? En ayant des intérêts communs, en partageant nos émotions et en ayant des expériences marquantes avec les autres. Maintenant, dites-vous que vous êtes incapables de comprendre vos émotions ou de les communiquer. Cela devient un énorme défi de réussir à créer et entretenir des relations solides. Le sentiment d’isolement que cela entraîne peut fragiliser la santé mentale de la personne. Elle se sentira incomprise des autres, incapable de dire ou de comprendre ce qui se passe en elle.
Des problèmes de motivation peuvent aussi apparaître. La personne affectée n’a pas le désir intérieur d’améliorer sa situation car son raisonnement sera purement rationnel. Par exemple, dans un emploi, l’alexithymique pourrait être malheureux car il n’est pas épanoui, mais il ne sera pas porté à chercher un nouvel emploi car il est très difficile de savoir ce qui pourrait convenir. Ne sachant pas quels facteurs lui procure du plaisir ou non, elle sera toujours dans une quête identitaire. Ses goûts ne sont pas très définis et ses loisirs ne semblent pas procurer la même joie que les autres expriment.

Comment aller mieux

Heureusement, l’alexithymie n’est pas un trouble incurable. La thérapie comportementale dialectique est un type de thérapie pour aider la personne à se recentrer sur elle-même et d’acquérir le vocabulaire nécessaire pour exprimer ses émotions. Elle se base sur la thérapie cognitivo-comportementale et focalise sur le développement de stratégies dialectique, d’acceptation et d’exercices de pleine conscience. Dans le cas où l’alexithymie est apparue à la suite d’un traumatisme durant l’enfance, un thérapeute peut aider à créer un espace sécuritaire où le patient peut se permettre d’exprimer ce qu’il refoule depuis toujours.
Même au CAFGRAF nous pouvons vous aider ! Vous pouvez voir Dolores qui pourrait vous soutenir à développer des stratégies d’expressions saines des émotions au travers de ses activités d’art-thérapie.

Références
Jouanne, C. (2006). L’alexithymie : entre déficit émotionnel et processus adaptatif. Psychotropes, 12, 193-209. https://doi.org/10.3917/psyt.123.0193
Gosselin, E., Bélanger, J. & Campbell, M. (2020). CONTRIBUTION DU STRESS ET DE l’ALEXITHYMIE AU BONHEUR DES ENSEIGNANTS. Revue québécoise de psychologie, 41(3), 157–178. https://doi.org/10.7202/1075469ar
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexithymie

L’hypervigilance : se méfier du bonheur

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans l’été! Ça fait plusieurs mois que vous ouvrez les rideaux le matin en vous demandant « Est-ce que l’hiver est enfin terminé ?!? ». Si c’est votre réalité, alors vous souffrez peut-être d’un cas d’hypervigilance de l’arrivée de l’été!

Un peu de sérieux maintenant. Qu’est-ce que l’hypervigilance? Même si la définition du mot est assez simple à comprendre, prenons le temps de décortiquer tout ça. Dans cet article, nous commencerons par définir l’hypervigilance. Ensuite, nous parlerons des symptômes, de la manière dont l’hypervigilance se développe et des moyens pour se rétablir.

Pour débuter, on pourrait définir l’hypervigilance comme un état d’alerte constant qui touche plusieurs aspects de notre vie : comportemental (ce qu’on fait), cognitif (ce qu’on pense) et physiologique (dans notre corps). L’hypervigilance n’est pas une maladie ou un trouble, c’est un symptôme de l’anxiété. On pourrait donc dire que l’hypervigilance, c’est d’être toujours en état d’alerte ou de méfiance.

Répondons maintenant à la question suivante : comment devient-on hypervigilant?

Indice : ce n’est pas une question de choix! La plupart des gens hypervigilants le sont devenus à cause d’événements difficiles. On parle de gens ayant survécu aux abus ou qui ont été témoins de grandes violences. Tous ces événements envoient des messages qui demeurent gravés dans notre amygdale : la vie est dangereuse et il faut toujours se méfier.

Voici des exemples qui vous permettront de reconnaitre un état d’hypervigilance chez vous ou chez les autres.

Comportemental 

À quoi ressemblent les comportements d’un individu hypervigilant?

C’est quand vous chassez vos amis de votre entourage. Pourquoi? Parce-que vous avez l’impression qu’ils vous trahiront et qu’ils profiteront de vous. C’est aussi parce que vous aimez mieux l’isolement que le risque de faire confiance et d’être trahi. C’est grave, tout ça. Si vous finissez par vous ramasser seul parce que vous vous méfiez trop, vous créez plus de problèmes que vous n’en réglez.

Cognitif

Nous sommes ici dans le domaine des pensées. Quand on est hypervigilant, de quelle manière pense-t-on? Voici des exemples.

Quand vous êtes dans un groupe, vous restez sur vos gardes. Parce que vous pensez que le monde est peuplé de gens mal intentionnés. Quand vous vous préparez à sortir, vous vous inquiétez des accidents possibles. Parce qu’on ne peut jamais prédire quand ça va mal se passer. Quand vous êtes en couple, si votre conjoint n’arrive pas à l’heure, vous avez milles inquiétudes. M’a-t-il trahi? Est-elle avec quelqu’un d’autre? Bref, quand on est hypervigilant, il n’en faut pas beaucoup pour s’inquiéter.

Physiologique

La physiologie, c’est la science du fonctionnement du corps. Le cerveau des gens souffrant d’hypervigilance n’est pas « connecté » de la même façon que le cerveau des gens détendus. Plus précisément, nous parlons d’une toute petite structure du cerveau : l’amygdale. Attention! Nous ne parlons pas de ce qui se cache dans le fond de votre gorge, mais d’une partie du cerveau en forme d’amande (en latin, amygdale signifie « amande »). C’est une partie du cerveau qui appartient au système limbique (ou cerveau émotionnel). C’est une partie très importante de notre corps : elle est à la base du contrôle des émotions. Elle produit les hormones qui augmentent votre stress. L’amygdale est aussi impliquée dans les comportements de réponse au stress. Vous figez lorsqu’on crie après vous? C’est votre amygdale qui est responsable de cette réaction.

Avant de parler de guérison, laissez-moi vous parler rapidement des autres impacts que peut créer une amygdale « déréglée ». Les gens qui ont des pensées dépressives, surtout les adolescents, vont être hypervigilants face à ces pensées. Résultat : les jeunes pensent seulement à ce qui ne va pas et mettent de côté les belles expériences. L’hypervigilance augmente donc le sentiment de dépression, puis même le taux de suicide, car le cerveau réserve toute sa place au négatif.

En bref, l’hypervigilance, c’est d’avoir son système d’alarme réglé au plus sensible. Tellement sensible qu’il sonne même quand il n’y a rien de grave. Votre amoureuse n’est pas arrivée après 5 minutes? Le système d’alarme est parti et on se met en mode inquiétude.

Comment on guérit ça?

Il y a plusieurs méthodes reconnues qui permettent de rétablir la santé de votre amygdale. Pour vous, cela signifie moins de stress inutile et d’impressions de danger. Voici un premier moyen : la méditation. Vous trouvez que c’est un moyen un peu doux pour contrer les effets d’un traumatisme? Détrompez-vous! Des scans du cerveau permettent de confirmer que l’amygdale des gens qui méditent se porte mieux. Ça fonctionne autant pour les traumas d’enfance que les traumas vécus dans l’armée.

D’autres méthodes? Certainement! Vous pouvez aussi entreprendre un suivi individuel afin d’aborder les croyances qui vous rendent plus méfiants. Plusieurs interventions ont fait leur preuve dans le domaine du rétablissement, il ne faut pas vous en priver! Finalement, n’oubliez pas qu’une bonne hygiène de vie aura toujours un effet bénéfique pour vous. En résumé, n’abusez pas de la caféine si vous recherchez la détente!

Nous pourrions donc dire que la première étape pour vous rétablir de vos symptômes anxieux, c’est d’en être conscient. Parfois, on pense que l’autre est dangereux. Mais est-ce que ce ne serait pas notre système d’alarme qui serait trop sensible?

 

 

 

Références :

Smitha Bhandari. 2024. What Is Hypervigilance?. https://www.webmd.com/mental-health/what-is-hypervigilance

Alvin Powell, 2018, When science meets mindfulness. Harvard Gazette. https://news.harvard.edu/gazette/story/2018/04/harvard-researchers-study-how-mindfulness-may-change-the-brain-in-depressed-patients/

« Hypervigilance », 2003. https://www.sciencedirect.com/topics/medicine-and-dentistry/hypervigilance#definition

Know your brain: amygdala. https://neuroscientificallychallenged.com/posts/know-your-brain-amygdala

La colère : une émotion hostile

Les bases de la colère

Dans un souhait de mieux vous renseigner, vous sensibiliser et également vous outiller, je désire attirer votre attention sur une émotion hostile. L’être humain vit toute sorte d’émotions, selon le contexte dans lequel il est et cela influence ses comportements. Une émotion hostile que certains d’entre nous vivons à l’occasion, d’autres constamment, est la colère.  Nous pouvons voir la colère comme un signal d’alerte, qui dit à notre corps que quelque chose ne fonctionne pas comme nous l’aurions souhaité ou qu’un besoin n’a pas été comblé. Par exemple, le fait de ne pas réussir à nous rendre au travail à l’heure prévue ou le fait de ressentir de la douleur physique. Ou bien, imaginez-vous passer une journée en vous faisant insulter sans raison valable. Dans un tel cas de figure, vous ressentiriez probablement de la colère. Nous pouvons être en colère tant envers un humain, qu’un animal, un objet et même envers nous-même (colère auto- digérée).

La colère au niveau comportementale

De plus, la colère peut s’exprimer de plusieurs façons. L’une de ces façons est de s’affirmer, donc d’exprimer notre insatisfaction, tout en restant respectueux. Nous pouvons également nous montrer passif. Finalement, une autre façon d’exprimer notre colère et d’adopter des comportements d’agressifs. Ces derniers peuvent aller au simple fait de se dénigrer soi-même, d’hurler après les gens, ou des frapper quelqu’un ou quelque chose. Nous pourrions qualifier ce genre de comportements d’agression réactive. Nous pouvons également nous montrer passif agressif, c’est-à-dire lorsqu’on masque au quotidien des sentiments que l’on n’assume pas. Plus précisément, la passivité agressive se caractérise par des comportements de vengeance, de dominations et d’une froideur à l’égard d’autrui (Laverdière et al., 2019).

La personnalité

Par ailleurs, un concept important à discuter est celui des traits de personnalité, qui sont une tendance comportementale et caractéristique stable à travers la vie d’un individu. Il m’apparaît comme primordiale de mentionner qu’il existe des individus que l’on pourrait décrire comme ayant des traits de personnalité de colère, qui est le fait d’avoir une tendance stable à ressentir de la colère et à l’exprimer au niveau comportemental.

Les régions corticales

Certains d’entre vous pourraient se demander quels sont les régions de notre cerveau associées avec l’émission d’une réponse de colère, n’est-ce pas ? Eh bien, des études scientifiques antérieures rapportent que l’activation cérébrale de l’insula, l’hippocampe et le cortex cingulaire suivant une provocation (Denson et al., 2009). De plus, l’activité cérébrale du cortex cingulaire dorsale antérieur était positivement reliée avec de la colère auto- rapportée.

Étiquette sociale

En outre, dans la société, on sait qu’il y a plusieurs étiquettes sociales qui sont apposées chez les genres. L’une de ces étiquettes est que l’expression de la colère est normale chez les hommes mais qu’elle est mal vue chez les femmes, au point que l’on considère que si une femme exprime sa colère de façon intense, elle est folle ou qu’elle a un trouble psychologique. De récentes recherches ont démontré que les hommes et les femmes qui expriment leurs émotions négatives au travail sont évalués différemment, c’est-à-dire que l’augmentation du « statut » qui provient de l’expression de la colère ne bénéficie que les hommes. Cela serait à cause des attentes stéréotypées des gens par rapport aux expressions des émotions des genres. Les gens penseraient que les femmes sont plus probables d’exprimer de la tristesse au travail alors que pour les hommes, ça serait la colère. Quand les femmes sont perçues comme moins dominantes, il est attendu d’elle d’exprimer de la tristesse plutôt que de la colère dans des situations stressantes.

Sensation physiologique

Les signes physiologiques de la colère peuvent varier, allant de sensation de lourdeur dans la poitrine ou à l’estomac, à de la respiration rapide et saccadée. Nous pouvons également avoir chaud et sentir notre cœur battre très vite. Il est possible d’avoir des tensions musculaires ou d’éprouver des maux de têtes.

Prévention

Il est important de bien comprendre les causes de notre colère afin de mieux la gérer.  Pour prévenir ou améliorer votre situation par rapport à votre colère, il est important de s’informer. Par exemple, vous pouvez déterminer les éléments déclencheurs de votre colère ou demander à vos proches de vous avertir lorsqu’ils remarquent que vous commencez à vous impatienter. Vous pouvez également prendre soin de vous en adoptant des habitudes de vies saines (tel que bien se nourrir et bien dormir). Il est également important de respecter vos limites. Finalement, il est primordial de s’organiser, donc de chercher des solutions réalistes et de vous confier à une personne de confiance.

Plusieurs ressources existent pour pouvoir mieux gérer notre colère et les comportements agressifs qui en résultent, tel que :

  • CHOC Carrefour d’hommes en changement (Laval)
  • OPTION (Montréal)
  • PRO-GAM (Montréal)

 

 

Référence :

  • Workplace Anger costs women irrespective of Race (Marshburn et al., 2020)
  • The angry brain: neural correlates of anger, angry rumination, and aggressive personality (Denson et al., 2009)
  • Laverdière, O., Ogrodniczuk, J. S., & Kealy, D. (2019). Interpersonal Problems Associated With Passive-Aggressive Personality Disorder. The Journal of Nervous and Mental Disease, 207(10), 820–825. doi:10.1097/nmd.0000000000001044
  • https://publications.msss.gouv.qc.ca/