Quelles sont les causes expliquant les disparités de traitements de la police envers les minorités visibles ?

Profilage racial

Les disparités de traitements qui sont faites par certains policiers sur les minorités visibles peuvent être expliquées par différentes causes. Une première cause serait le profilage racial. Wortley et Tanner définissent le profilage racial comme étant un procédé selon lequel les policiers prennent en considération les origines ethniques pour effectuer des arrestations et des fouilles. Ils expliquent également que le profilage racial est renforcé par le fait qu’il y a une forte présence policière dans les quartiers de minorités visibles. Nous pouvons donc déduire qu’une forte présence policière dans des endroits précis pourrait développer une certaine redondance dans les arrestations effectuées. En d’autres mots, les motifs d’arrestations ou les personnes arrêtées pourraient souvent se retrouver à être les mêmes. Selon Casséus, le profilage racial peut amener des conséquences psychologiques comme le stress et un sentiment de méfiance envers le système policier.

Stéréotypes

Les stéréotypes seraient une deuxième cause de la discrimination raciale exercée par certains policiers. Un stéréotype est le fait de généraliser des jugements et des opinions envers un groupe. Tous les individus d’un groupe visé par un stéréotype auront alors une « étiquette » qui représente ces jugements. Chalom évoque un exemple d’une « étiquette » : les individus qui sont le plus souvent interpellés par la police aux fins de fouilles ou de vérifications d’identité seraient ceux qui représentent une menace, avec une personnalité dangereuse et un style vestimentaire différent (étiquette envers des individus issus des communautés de minorités visibles). Les répercussions de ce type de réflexion sur ces communautés viendront alimenter le phénomène de discrimination. Les stéréotypes sont persistants dans le temps, notamment à cause des médias. Selon le rapport de la consultation publique sur le profilage racial publié en 2011 de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, les participants ont évoqué que les médias visent constamment la population ethnique en faisant de faux amalgames sur eux, ce qui contribue à alimenter les stéréotypes. Ceux-ci sont donc affichés dans la sphère médiatique et consommés par la société en général, dont les corps policiers. Nous pouvons aussi assister à la création de stéréotypes. Legewie affirme que les évènements qui se produisent dans un quartier précis peuvent créer des stéréotypes et des conflits facilitant alors la discrimination raciale, puisqu’il y aurait peut-être une réaction plus forte de la part des policiers lorsque des évènements semblables se produiront.

Préjugés

Les préjugés peuvent être une troisième cause pour expliquer la discrimination raciale. Il faut faire la différence entre les préjugés et les stéréotypes. Les préjugés sont des opinions personnelles, tandis que les stéréotypes sont des pensées généralisées présentes dans la société. Les préjugés peuvent être formalisés par l’éducation et l’entourage des individus. Ces pensées individuelles peuvent nuire à la relation entre les policiers et les communautés de minorités visibles et favoriser les traitements discriminatoires. Douyon donne l’exemple de policiers s’attardant trop sur la communauté noire quant aux problèmes de drogues, ce qui risque d’alimenter les préjugés courants et donc de nuire à la relation avec ces communautés.

Environnement de travail des corps policiers

L’environnement de travail des corps policiers serait une autre cause de la discrimination raciale exercée par certains policiers. L’environnement au travail pour un policier peut être néfaste quant au comportement qu’il adoptera lors de ses interventions auprès de la population. Les corps policiers ont des comptes à rendre à leurs dirigeants. Comme l’expliquent Côté et Clément, les pratiques policières sont pensées en fonction de prévenir toutes révoltes des personnes exploitées par les classes dirigeantes. De plus, Chalom explique que la population demande des résultats concrets à la police par rapport à sa sécurité. Pour pouvoir répondre aux demandes de la population, il faut agir de manière à pouvoir prédire les situations qui peuvent par exemple se produire dans un quartier. Chalom utilise le terme « prévention situationnelle » afin que la police puisse viser un groupe en particulier. La pression que subissent les policiers au travail pour le maintien de l’ordre peut être une raison expliquant l’existence de disparités de traitement. Ils suivront les stéréotypes présents dans la société ou leurs préjugés envers les minorités visibles afin d’interpeller les personnes qui sont « supposément » les plus susceptibles de commettre des crimes. Un autre aspect dans l’environnement immédiat des policiers serait qu’ils pratiquent un aveuglement volontaire par rapport aux discriminations raciales. Wortley et Tanner mentionnent que ceux qui appliquent la loi (ex. : les policiers) réfutent souvent les plaintes en matière de discrimination raciale. Ce refus de percevoir les pratiques discriminatoires comme étant un problème réel au sein de la société permet aux discriminations raciales de persister dans le temps.

Références
Casséus, T. (2016). Entre contestation et résignation: L’expérience de profilage racial de jeunes racisés ayant reçu des constats d’infraction dans le cadre du contrôle de l’occupation de l’espace public montréalais. https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/2620/browse?type=author&value=Cass%C3%A9us%2C+Thierry

Chalom, M. (2011). La pratique du profilage racial déshonore la profession policière. https://www.researchgate.net/publication/297306429_La_pratique_du_profilage_racial_deshonore_la_profession_policiere

Côté, L. & Clément, D. (2016). Le profilage policier : le syndrome d’une société de classe opprimante. https://doi.org/10.7202/1037170ar

Douyon, E. (1993). Relations police-minorités ethniques. https://doi.org/10.7202/032254ar
Eid, P., Turenne , M. et Magloire, J. (2011). Profilage racial et discrimination systémique des jeunes racisés. https://www.cdpdj.qc.ca/storage/app/media/publications/Profilage_rapport_FR.pdf

Legewie, J. (2016). Racial Profiling and Use of Force in Police Stops: How Local Events Trigger Periods of Increased Discrimination. https://doi.org/10.1086/687518

Wortley, S. & Tanner, J . (2004). Discrimination ou « bons » services de police. Le débat concernant le profilage racial au Canada. http://publications.gc.ca/site/fra/279297/publication.html

La colère : une émotion hostile

Les bases de la colère

Dans un souhait de mieux vous renseigner, vous sensibiliser et également vous outiller, je désire attirer votre attention sur une émotion hostile. L’être humain vit toute sorte d’émotions, selon le contexte dans lequel il est et cela influence ses comportements. Une émotion hostile que certains d’entre nous vivons à l’occasion, d’autres constamment, est la colère.  Nous pouvons voir la colère comme un signal d’alerte, qui dit à notre corps que quelque chose ne fonctionne pas comme nous l’aurions souhaité ou qu’un besoin n’a pas été comblé. Par exemple, le fait de ne pas réussir à nous rendre au travail à l’heure prévue ou le fait de ressentir de la douleur physique. Ou bien, imaginez-vous passer une journée en vous faisant insulter sans raison valable. Dans un tel cas de figure, vous ressentiriez probablement de la colère. Nous pouvons être en colère tant envers un humain, qu’un animal, un objet et même envers nous-même (colère auto- digérée).

La colère au niveau comportementale

De plus, la colère peut s’exprimer de plusieurs façons. L’une de ces façons est de s’affirmer, donc d’exprimer notre insatisfaction, tout en restant respectueux. Nous pouvons également nous montrer passif. Finalement, une autre façon d’exprimer notre colère et d’adopter des comportements d’agressifs. Ces derniers peuvent aller au simple fait de se dénigrer soi-même, d’hurler après les gens, ou des frapper quelqu’un ou quelque chose. Nous pourrions qualifier ce genre de comportements d’agression réactive. Nous pouvons également nous montrer passif agressif, c’est-à-dire lorsqu’on masque au quotidien des sentiments que l’on n’assume pas. Plus précisément, la passivité agressive se caractérise par des comportements de vengeance, de dominations et d’une froideur à l’égard d’autrui (Laverdière et al., 2019).

La personnalité

Par ailleurs, un concept important à discuter est celui des traits de personnalité, qui sont une tendance comportementale et caractéristique stable à travers la vie d’un individu. Il m’apparaît comme primordiale de mentionner qu’il existe des individus que l’on pourrait décrire comme ayant des traits de personnalité de colère, qui est le fait d’avoir une tendance stable à ressentir de la colère et à l’exprimer au niveau comportemental.

Les régions corticales

Certains d’entre vous pourraient se demander quels sont les régions de notre cerveau associées avec l’émission d’une réponse de colère, n’est-ce pas ? Eh bien, des études scientifiques antérieures rapportent que l’activation cérébrale de l’insula, l’hippocampe et le cortex cingulaire suivant une provocation (Denson et al., 2009). De plus, l’activité cérébrale du cortex cingulaire dorsale antérieur était positivement reliée avec de la colère auto- rapportée.

Étiquette sociale

En outre, dans la société, on sait qu’il y a plusieurs étiquettes sociales qui sont apposées chez les genres. L’une de ces étiquettes est que l’expression de la colère est normale chez les hommes mais qu’elle est mal vue chez les femmes, au point que l’on considère que si une femme exprime sa colère de façon intense, elle est folle ou qu’elle a un trouble psychologique. De récentes recherches ont démontré que les hommes et les femmes qui expriment leurs émotions négatives au travail sont évalués différemment, c’est-à-dire que l’augmentation du « statut » qui provient de l’expression de la colère ne bénéficie que les hommes. Cela serait à cause des attentes stéréotypées des gens par rapport aux expressions des émotions des genres. Les gens penseraient que les femmes sont plus probables d’exprimer de la tristesse au travail alors que pour les hommes, ça serait la colère. Quand les femmes sont perçues comme moins dominantes, il est attendu d’elle d’exprimer de la tristesse plutôt que de la colère dans des situations stressantes.

Sensation physiologique

Les signes physiologiques de la colère peuvent varier, allant de sensation de lourdeur dans la poitrine ou à l’estomac, à de la respiration rapide et saccadée. Nous pouvons également avoir chaud et sentir notre cœur battre très vite. Il est possible d’avoir des tensions musculaires ou d’éprouver des maux de têtes.

Prévention

Il est important de bien comprendre les causes de notre colère afin de mieux la gérer.  Pour prévenir ou améliorer votre situation par rapport à votre colère, il est important de s’informer. Par exemple, vous pouvez déterminer les éléments déclencheurs de votre colère ou demander à vos proches de vous avertir lorsqu’ils remarquent que vous commencez à vous impatienter. Vous pouvez également prendre soin de vous en adoptant des habitudes de vies saines (tel que bien se nourrir et bien dormir). Il est également important de respecter vos limites. Finalement, il est primordial de s’organiser, donc de chercher des solutions réalistes et de vous confier à une personne de confiance.

Plusieurs ressources existent pour pouvoir mieux gérer notre colère et les comportements agressifs qui en résultent, tel que :

  • CHOC Carrefour d’hommes en changement (Laval)
  • OPTION (Montréal)
  • PRO-GAM (Montréal)

 

 

Référence :

  • Workplace Anger costs women irrespective of Race (Marshburn et al., 2020)
  • The angry brain: neural correlates of anger, angry rumination, and aggressive personality (Denson et al., 2009)
  • Laverdière, O., Ogrodniczuk, J. S., & Kealy, D. (2019). Interpersonal Problems Associated With Passive-Aggressive Personality Disorder. The Journal of Nervous and Mental Disease, 207(10), 820–825. doi:10.1097/nmd.0000000000001044
  • https://publications.msss.gouv.qc.ca/

 

 

S’auto-médicamenter avec les drogues

Récemment, j’ai profité d’un groupe d’entraide sur l’anxiété pour aborder un thème important : l’automédication par les drogues (cannabis). La toxicomanie est en effet une réalité qui concerne de près beaucoup de personnes fréquentant le CAFGRAF, mais de manière générale, une grande partie de la population ayant des problématiques de santé mentale.

 

Définition et causes de l’automédication par les drogues

L’automédication désigne l’acte de consommation de médicaments ou de substances décidé par soi-même. Selon le CAMH (centre de toxicomanie et de santé mental), il existe plusieurs causes à cette pratique :

  • La consommation d’alcool et de drogue peut avoir des effets semblables aux symptômes d’enjeux de santé mentale comme la dépression, l’angoisse, l’impulsivité ou les hallucinations. On parle alors d’enjeux de santé mentale causés par la consommation d’alcool ou de drogue.
  • L’alcool et les drogues peuvent causer des changements négatifs dans la vie et les relations des personnes qui en consomment (ex : perte d’emploi). Ces effets indirects de la consommation d’alcool et de drogues peuvent entraîner des enjeux de santé mentale.
  • Pour certain.es, un même facteur peut causer à la fois des enjeux de santé mentale et des problèmes d’alcoolisme ou de toxicomanie. Il peut s’agir d’un facteur biologique ou d’un événement comme un traumatisme affectif ou physique.
  • Certaines personnes qui ont un enjeu de santé mentale consomment de l’alcool ou de la drogue pour se sentir mieux. Certaines personnes considèrent la consommation d’alcool et de drogue comme une forme d’« automédication ». C’est sur ce dernier point que se concentre cet article.

 

Témoignage des membres du groupe d’entraide

Pour un peu de contexte, faisons le tour des profils présents à ce groupe d’entraide ce jeudi matin. Certaines personnes ont principalement consommé de l’alcool, d’autres sont d’anciens consommateurs et consommatrices de crack et de coke qui se sont ensuite tourné.es vers le cannabis. Cette substance constituera d’ailleurs le sujet de conversation principal par la suite. Ainsi, par “drogue”, il faut ici entendre principalement le cannabis.

Selon Sylvie Fainzang (2019), anthropologue et directrice de recherche au Cermes (Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé et Société), l’une des raisons principales à l’automédicaion est la méfiance à l’endroit des médecins, notamment par suite d’expériences décevantes. Il s’agit en effet d’un élément largement rapporté par les personnes présentes au groupe d’entraide :

“on m’a donné trop de médication”

“les médecins sont mal renseignés, ils jouent au yo-yo, prescrivent à l’aveugle”

“la médication n’est pas adaptée”

“les médicaments sont trop forts”

À ce problème, l’un.e des usager.es suggère la mise en place de davantage de suivis à domicile afin d’évaluer si la médication est bien adaptée à la personne et si elle ne souffre pas trop des effets secondaires.

En effet, les effets secondaires indésirables constituent une autre des principales raisons de l’automédication par les drogues, selon les usagers. Pour l’un d’entre eux, les effets secondaires des médicaments sont imprévisibles et l’effraient, contrairement à ceux des drogues, qu’il côtoie et apprivoise de près depuis sa jeunesse. Dans la balance, les effets néfastes de leur consommation sont contrebalancés par ce que la médication traditionnelle leur enlève :

“ça coupe l’appétit”

“on n’a plus de sexe”

“ça enlève le vouloir”

“ça rend épuisé”

Lorsque les effets secondaires indésirables de la consommation de drogue (cannabis) sont ensuite abordés, presque tout le monde se met d’accord : le coût. Certains regrettent avoir autant dépensé dans la consommation de substances plus fortes que le cannabis, et déclarent qu’il s’agit de la raison principale de leur abstinence :

“Le malheur [apaisé par la drogue] s’oublie 4h puis reprend pour 30 jours parce qu’on n’a plus les moyens pour manger”

Un.e des usager.es tient également à rappeler que la consommation de cannabis n’est pas sans danger, dans la mesure où elle peut mener à des psychoses toxiques (Curtis et al., 2006), et avoir un impact néfaste sur la mémoire et la concentration, en plus de nombreux problèmes de santé physique (Gouvernement du Canada, 2022).

 

Conclusion et ressources

En résumé, pour la plupart des personnes présentes, le cannabis l’emporte dans la balance face à la médication traditionnelle, malgré les effets néfastes mentionnés plus haut. Pour ceux et celles qui aimeraient inverser la tendance, qui sont insatisfaits de leur manière de consommer et qui nécessitent de l’aide pour modifier ses habitudes, voici quelques ressources qui pourraient vous être utiles :

Centre de Réadaptation en Dépendance (CRD) de Laval
312 Bd Cartier O, Laval, QC H7N 2J2
(450) 975-4054
Déclic Action
2255, rue Bienville, Laval, QC H7H 3C9
(450) 628-1011
info@declicaction.com
www.declicaction.com/
Tel-Jeunes (pour les jeunes de 20 ans et moins)
Ligne d’écoute, clavardage, informations en ligne
+1 800-263-2266

 

Références :

Curtis, L., Rey-Bellet, P., Merlo, M., C., G. (2006), Cannabis et psychose, Rev Med Suisse, -8, no. 079, 2099–2103.

Fainzang, S. (2010). L’automédication. Anthropologie et Sociétés. 34. 115. 10.7202/044199ar.

Skinner, W., O’Grady, C., Bartha, C., & Parker, C. (2004). Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale. Centre de toxicomanie et de santé mentale.

W.J. Wayne Skinner, MSS, TSI; Caroline P. O’Grady, IA, MSI, Ph.D. Christina Bartha, MSS, TSA; Carol Parker, MSS, TSA

Gouvernement du Canada https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/drogues-medicaments/cannabis/effets-sante/effets.html

 

 

Qu’est-ce que l’orientation sexuelle?

L’orientation sexuelle est l’attirance physique et sexuelle envers quelqu’un. Elle se distingue de l’orientation romantique qui se définie plutôt comme une attirance romantique et émotionnelle (il s’agit donc du désir d’être en relation romantique avec une personne). Pour plusieurs personnes, l’orientation sexuelle et romantique concordent, mais pour d’autres non. Il est important de savoir qu’on ne choisit pas son orientation et qu’il n’y a pas de méthodes pour la changer [1]. De plus, certaines personnes prennent conscience de leur attirance à un très jeune âge, alors que d’autres solidifient leurs sentiments à l’adolescence ou à l’âge adulte. Cela peut être lié à plusieurs facteurs tels que l’environnement dans lequel la personne grandit, l’éducation et les expériences de vie. Par exemple, une personne qui ne reçoit pas d’informations sur les orientations sexuelles n’aura peut-être pas les mots pour se définir avant d’y avoir accès.

Une orientation sexuelle qui est bien connue dans la société est l’hétérosexualité, c’est-à-dire les personnes qui sont attirées envers ceux du genre [1] opposé (par exemple, un homme attiré envers les femmes). À l’inverse, l’homosexualité se définie par l’attirance envers une personne du même genre. Il existe un grand éventail d’orientations qu’on retrouve dans le sigle LGBTQIA2SP+ qui désigne les personnes ou les communautés Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles, Trans, Queer et en Questionnement, Intersexes, Asexuelles et Aromantiques, Bispirituelles et Pansexuelles. Le signe + permet de donner la place à d’autres orientations ou identités sans nécessairement les ajouter dans le sigle.

Les personnes qui font parties de la communauté gaie peuvent vivre de l’homophobie à n’importe quel moment, c’est-à-dire être victime d’attitudes ou de comportements qui peuvent mener au rejet et à la discrimination [1]. Par exemple, elles peuvent recevoir des jugements de leur entourage, craindre pour leur sécurité dans la rue (particulièrement si leur apparence n’est pas conforme aux stéréotypes [2] hommes/femmes), entendre des messages négatifs ou des préjugés [3] dans les médias, etc.

L’homosexualité a été enlevé da la liste des pathologies (maladies) en 1973 par l’Association psychiatrique des États-Unis et par l’Organisation mondiale de la santé en 1993 [1]. Malgré l’évolution de la société, l’homophobie est encore présente et l’égalité sociale n’est pas atteinte.

Il est donc du devoir de chacun de s’informer avec des sources fiables et d’écouter les personnes concernées afin d’être plus inclusif en tant qu’individus et société. Chaque personne peut faire sa part !

Lexique

1. L’identité de genre : Une sensation ou un sentiment interne concernant le fait d’être homme, femme, ni un ni l’autre, les deux, etc. Le genre peut être exprimé via l’habillement, la coiffure, la voix, les formes du corps, etc.

2. Stéréotype [2] : Une opinion toute faite sur les caractéristiques d’un groupe qui s’appuie sur des jugements et des présomptions. Par exemple, dire que les filles sont douces et gentilles est un stéréotype.

3. Préjugés [2]: Une croyance et un jugement formés à l’avance. Par exemple, dire que puisque les femmes sont douces et gentilles elles ne peuvent pas avoir des postes hauts placés.

 

 

Références :

  1. Interligne. Foire aux questions. Interligne. https://interligne.co/foire-aux-questions/?_sf_s=homo
  2. Jeunesse, J’écoute. Comprendre les stéréotypes, préjugés et la discrimination. Jeunesse, J’écoute. https://jeunessejecoute.ca/information/comprendre-les-stereotypes-prejuges-et-la-discrimination/

Ressources :

Interligne : ligne d’écoute, informations

514 866-0103 (Montréal) ou 1 888 505-1010 (Sans frais)

AlterHéros : aide, soutien, questions intervention@alterheros.com

Centre de solidarité lesbienne : rencontres individuelles, groupes de soutien (514) 526-2452

Aide aux trans du Québec : service d’écoute par téléphone ou courriel 1 855 909-9038 #1 ou ecoute@atq1980.org

Comment reconnaître la violence conjugale et quels sont les mécanismes qui maintiennent une victime dans une telle situation ?

L’un des premiers problèmes rencontrés quand on cherche à aider une personne victime de violence conjugale, c’est de lui faire reconnaître qu’elle en est bien victime. En effet, la violence s’exprime parfois d’une manière tellement subtile qu’il est difficile de la détecter. La violence prend plusieurs formes : physique, verbale, psychologique, sexuelle ou encore économique.

Quelques distinctions

Une chose importante à comprendre concernant la violence conjugale, est de comprendre qu’elle ne résulte pas d’une perte de contrôle, mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. La violence conjugale n’est pas non plus une simple accumulation de conflits, dans la mesure où ces derniers sont inévitables dans toute relation amoureuse, et peuvent être résolus dans le respect et l’ouverture aux compromis.
Pourquoi une personne reste dans une telle situation ?
Il existe deux mécanismes qui expliquent comment une personne peut s’enfoncer dans une situation de violence conjugale, et pourquoi il est difficile pour elle d’en sortir, c’est l’escalade de la violence et le cycle de la violence. Il est important de comprendre ces mécanismes pour ne pas blâmer la victime de la situation dans laquelle elle se trouve.
Escalade de la violence

Pour que la violence conjugale s’installe, elle s’immisce dans la relation de manière subtile, et surtout, graduelle, ce qui la rend difficile à percevoir. D’abord, la violence conjugale peut débuter par du contrôle, pour doucement évoluer vers de la violence psychologique et verbale. Ces signes avant-coureurs sont perçus par soi et par les autres comme étant de simples disputes qui peuvent arriver à tous les couples. De plus, ces comportements sont bien souvent noyés dans un nuage de gestes affectueux et de mots d’amour caractéristiques d’un début de relation. Avec le temps, les violences s’intensifient et s’additionnent. Parallèlement, la victime s’investit dans la relation et son sentiment d’attachement grandit. Quand la violence devient plus claire, et les comportements de plus en plus fréquents et graves, la victime est déjà bien engagée dans la relation, que ce soit émotionnellement, ou tout simplement parce que des enfants sont nés de cette union entre-temps. Il est donc bien plus difficile pour elle d’en sortir.


https://www.avvec.ch/fr/intimate-partner-violence/intimate-partner-violence/les-differentes-formes-de-violence-conjugale

Cycle de la violence

La violence conjugale n’est pas constamment présente dans une relation ; il existe des moments de répit. Sans cela, il serait plus facile de s’en défaire. La dynamique de la violence conjugale se présente sous la forme d’un cycle, composé de quatre phases.


http://www.clesurlaporte.org/cycle-violence.html

Pendant la phase de tension, la victime sent que le climat est lourd et le ou la partenaire violent.e se montre particulièrement impatient.e. La victime se montre alerte et fait alors tous les efforts possibles pour calmer la situation, mais en vain, car s’ensuit la phase d’agression où les comportements violents explosent et provoquent de la peur et de la confusion chez la victime. Ensuite, vient la phase de justification, le calme après la tempête. L’agresseur.euse peut exprimer certains regrets, donner des explications et parfois même s’excuser et promettre de ne plus recommencer. Pour convaincre la victime de rester l’agresseur.euse, peut se montrer particulièrement affectueux.euse, afin de lui rappeler l’euphorie des premiers jours. La victime reprend alors confiance en l’autre. C’est la phase de réconciliation, aussi appelée “lune de miel”. Ce sont ces deux dernières phases qui expliquent qu’une victime reste dans une relation malgré la violence ; l’espoir de l’amour retrouvé.

Comment aider une personne victime de violence conjugale en tant que proche
Selon les différentes phases, les victimes traversent toutes sortes d’émotions : le choc, la peur, puis la confiance et l’amour. Il est essentiel de garder cela en tête pour comprendre le changement d’attitude de la victime selon la phase qu’elle traverse. De l’extérieur, elle peut en effet sembler ambivalente, ce qui peut être frustrant en tant que proche inquiet. Il vaut cependant mieux éviter de lui mettre la pression pour qu’elle quitte la relation, car elle risquerait de ne pas se sentir comprise. Il vaut mieux se montrer à l’écoute, respecter ses décisions et la valoriser afin qu’elle réalise d’elle-même qu’elle mérite une vie sans violence.

Si cet article a pu vous permettre de reconnaître que vous étiez vous-même dans une situation de violence conjugale, sachez que vous n’êtes pas seul.es. Pour toute demande d’aide, contactez SOS Violence conjugale, 24 heures sur 24 / 7 jours sur 7, au 1 800 363-9010. Service confidentiel et gratuit.

Références

Turgeon, J (2018). Comprendre la violence dans les relations amoureuses. Trécarré.
DEDRI – Trousse d’outils en violence conjugale